Négocier

Travail : comment dire non sans en souffrir

25 septembre 2017 par Geoffrey Dirat

Dans un monde où la collaboration est si valorisée — avec raison! —, dire non à son supérieur ou à ses collègues n’est jamais facile. Et malheureusement, cela s’avère souvent plus difficile quand on est une femme. « Les femmes sont souvent considérées comme des aidantes. Dire “non” va donc à l’encontre de ce qu’on s’attend naturellement d’elles », explique Katharine O’Brien, chercheuse associée à la Baylor School of Medicine, qui a constaté que les femmes ont plus de difficultés que les hommes à refuser des tâches qui normalement ne leur incombent pas.

Mais pourtant, à trop vouloir être serviables, les femmes (et les hommes qui ont aussi du mal à dire non) finissent par se retrouver avec une charge de travail accrue, ce qui génère du stress, pour elles et/ou pour leur équipe. « Ça peut faire plus de mal que de bien et générer de la frustration », souligne Isabelle Lord, présidente de Lord Communication managériale et membre de l’Ordre des conseillers en ressources humaines agrées (CRHA).

Dire non n’est pourtant pas un défaut. Au contraire, c’est « une preuve de maturité », affirme Madame Lord, qui voit cette faculté comme une qualité que tout bon leader devrait avoir.

Voici donc quelques conseils pour vous aider à prononcer ce mot mal aimé au travail. 

1. Dire « non », ça s’apprend
Pour l’auteure du livre Le Courage de dire, il faut « être capable de prendre du recul dans le feu de l’action ». On doit ainsi apprendre à détecter si la situation se prête à dire « non », mais aussi à circonscrire la demande pour clarifier les attentes. À quoi t’attends-tu exactement comme contribution de ma part (ou de mon équipe)? « C’est la question magique », affirme Isabelle Lord. « On ne se positionne pas tout en restant dans un mode collaboratif, et si l’attente est excessive, ça peut aider l’autre à réfléchir au bien-fondé de sa demande. »

2. « Laisse-moi te revenir d’ici demain »
Si possible, il ne faut pas répondre sur-le-champ afin de se laisser le temps d’analyser calmement la demande. Il y a quatre questions à se poser : qu’est-ce que je crains en disant « non »? Quels sont les risques réels encourus si je refuse? Qu’est-ce que ça va me coûter de dire « oui »? Et suis-je en mesure de répondre aux attentes? « Ces questions permettent d’examiner froidement la requête, de la relativiser et de préparer l’argumentaire de sa réponse », indique la formatrice en communication de gestion.

3. Comment dire « non »
Un certain savoir-faire est nécessaire. Il faut dire « non » avec assurance, tout en ayant du tact et en faisant preuve de considération. Il faut aussi éviter de se justifier outre mesure, car cela peut « donner le sentiment qu’on a tort de refuser », explique Isabelle Lord, qui conseille d’essayer de proposer une alternative ou un plan B, par exemple un partage des tâches ou un délai supplémentaire.

4. Les écueils à éviter
Certaines situations ne sont pas propices à un refus, par exemple en cas d’urgence absolue, si l’on est soi-même, ou son équipe, impliquée par la demande ou lorsqu’un collègue fait face à un imprévu grave. Lorsqu’on est nouvellement embauchée ou promue, il vaut mieux parfois dire « oui » pour être perçue comme une joueuse d’équipe. Autrement dit, il faut avoir du discernement. Et si vous en venez à dire « non », assurez-vous d’avoir bien cerné le besoin du solliciteur et répondez-lui en personne plutôt que par courriel, « ça évite les interprétations et les malentendus », signale Isabelle Lord.

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