Histoires inspirantes

Pour Jessica Harnois, rien n’est impossible!

21 juin 2017 par Katia Tobar

Jessica Harnois a découvert le vin à 7 ans. La sommelière, aussi femme d’affaires et négociatrice invétérée, se souvient qu’à cet âge, son palais était déjà très développé.

«J’aimais le foie gras, le chocolat fort, le café, le fromage, les huîtres… C’était atypique pour une jeune fille de 7 ans», raconte-t-elle. Son petit plaisir à l’adolescence : sortir dans des restaurants haut de gamme et découvrir de nouvelles saveurs.

Après être passée par les célèbres établissements Toqué à Montréal, Charlie Trotter’s à Chicago, et Tetsuya’s à Sydney, elle a été acheteuse de vins de prestige pour la SAQ, et a présidé l’Association canadienne des sommeliers professionnels. Rencontre avec la présidente de l’agence d’animation en sommellerie Vins au féminin qui nous a dévoilé les secrets de son succès autour de quelques tapas et d’une bouteille de son vin blanc Bù.

UNE CONFIANCE INÉBRANLABLE
Sa confiance en elle, Jessica Harnois la tire de son père, d’une éducation à haute dose d’entregent et de son entourage. Lorsqu’elle décide de postuler au Toqué, sans diplôme de l’ITHQ ou de sommellerie, seul son père l’encourage. «Si tu ne l’as pas, tu n’as rien perdu, mais tu perds beaucoup à ne pas essayer. Qu’est-ce qui peut arriver de pire, un non?», lui demande-t-il. Jessica porte son CV et 30 minutes plus tard, elle devient employée d’un des établissements les plus réputés de Montréal. «À partir de ce moment-là, je me suis dit qu’il n’y a rien d’impossible.»

C’est cette aptitude à défoncer des portes qui lui permet d’intégrer le célèbre restaurant Tetsuya’s à Sydney. «J’ai choisi chaque personne avec laquelle je voulais travailler; je n’ai pas attendu qu’on me choisisse. J’ai pris un avion, je suis arrivée dans l’établissement en Australie, et j’ai dit au chef: je veux travailler avec toi! J’avais encore mes valises avec moi. Il m’a répondu qu’il n’y avait pas de poste. J’ai répliqué: «c’est pas grave, on va en trouver un». J’ai commencé dès le lendemain!

UNE PRO DE LA NÉGOCIATION
Dès 8 ans, Jessica Harnois fait des affaires sur la rue Prince-Arthur en vendant des calendriers. À 13 ans, elle troque des cassettes à l’école et plus tard, lors de ses nombreux voyages, elle apprend la «street negociation» pour subvenir à ses besoins.

Elle fait de ses talents pour la négociation un métier en rejoignant la SAQ comme acheteuse à 27 ans. «Au début, c’était pas facile parce que j’étais le dauphin», raconte-t-elle. Dans un milieu d’hommes, ce n’est pas son sexe qui est pointé du doigt, mais son âge. «J’étais la plus jeune et je négociais des montants qui pouvaient atteindre des millions d’euros». Petit à petit, Jessica Harnois assoit sa réputation et découvre qu’en affaires, les seules données qui comptent sont les bonnes relations et l’argent.

Elle raconte, par exemple, les coulisses d’une transaction avec un grand vigneron libanais, où le vendeur pensait négocier avec l’homme qui accompagnait Jessica lors de leur rencontre. Sans lui adresser un mot ou un regard, le vendeur vante le vin auprès de l’homme qui est à ses côtés. Au moment de conclure la négociation, il découvre que c’est avec Jessica qu’il doit faire affaire. «Le vendeur s’est décomposé. Son vin était bon, je ne fais jamais de power trip. On a négocié et pendant le business le fait que je sois un homme ou une femme n’importait plus».

UNE ÉNERGIE DÉBORDANTE
La vie de Jessica Harnois bascule lorsqu’elle apprend qu’elle souffre peut-être d’une grave maladie génétique du foie. Elle ne sait pas combien de temps il lui reste à vivre, mais décide de mettre ce temps à profit et de trouver un moyen de transmettre à grande échelle ses connaissances sur le vin. Elle quitte la SAQ pour créer un jeu de démocratisation du vin: «Dégustation Vegas». «Sans cette épreuve, je serai restée à la SAQ pour la sécurité que j’y trouvais. Mais lorsque j’ai compris que je n’avais peut-être plus de temps, j’ai décidé de réaliser mes rêves».

Presque un an plus tard, Jessica Harnois apprend qu’elle est en parfaite santé, mais cet évènement lui a permis de se lancer en affaires. Elle est restée maître de son temps en créant son emploi comme sommelière/animatrice. Un métier qui lui permet aussi de gérer son énergie débordante. «Je fais juste ce que j’aime. Quand je suis dans une situation que je n’aime pas, je m’arrange pour bonifier ma situation. Ça demande du courage.»

C’est grâce à une organisation sans faille qu’elle se réalise chaque jour, et concilie son travail avec sa vie de famille. «Mon meeting le plus important, c’est avec ma fille. Mon gym aussi, c’est un meeting dans mon agenda». Quant à son rapport aux autres, elle privilégie les relations positives. «Les clients qui me prennent trop d’énergie, je refuse de travailler avec eux. Je n’essaie plus de plaire à tout le monde. Essayer d’avoir l’air hot en affaires, de travailler tout le temps, d’en faire trop, c’est se brûler. Moi j’ai choisi d’instaurer un équilibre dans ma vie. Alors, je m’organise, je délègue, et je m’amuse. Je fais ce pour quoi je suis bonne».

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Crédit photo: Frédérique Ménard-Aubin

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