Rallier et influencer

Comment réseauter et exercer son influence à l’ère du télétravail?

30 avril 2020 par Simon Painchaud

Les longues réunions en visioconférence transforment nos relations aux autres tout comme notre rapport au réseautage. Finies les rencontres de corridor qui permettaient d’obtenir de l’information politique ou stratégique, terminées les discussions autour de la machine à café. Diane Lafontaine, Chef de l’exploitation, Québec chez Rise People, nous explique comment réseauter dans ce nouveau contexte.

Est-ce qu’on doit abandonner nos activités de réseautage si on ne peut pas se voir en personne?

En ces temps incertains, le réseautage est effectivement plus difficile, mais il ne faut pas faire une croix dessus. Confinement ou pas, la première règle qui s’applique est la suivante : le réseautage doit être réfléchi et structuré. Selon l’excellent article de HBR – How Leaders Create and Use Networks – il faut comprendre les nuances entre les trois types de réseaux : opérationnel, personnel et stratégique.

Le réseau opérationnel est celui qui vous permet de faire votre travail : vos collègues en sont le cœur. Votre réseau personnel est l’ensemble de vos contacts qui vous permettent de vous développer professionnellement, notamment par le biais de références. Le début de la crise nous a forcé à redéployer rapidement ces deux réseaux. Celui qui exige le plus d’efforts est le troisième, le stratégique : celui qui permet de maximiser son influence interne et externe.

Comment maximise-t-on la portée de son réseau stratégique?

Le réseautage stratégique est tout sauf… spontané! Celui-ci requiert de l’organisation, de la réflexion et de la planification. Je vous suggère d’abord de cartographier les gens qui peuvent vous apporter l’information complémentaire à celle accessible via votre réseau opérationnel ; cela vous permettra de prendre connaissance de vos angles morts et de donner, le temps venu, l’impulsion à vos idées ou celles de votre équipe.

Il ne faut pas hésiter à entrer en relation avec des gens qui ne sont pas reliés à vous sur le plan hiérarchique ni dans votre cercle immédiat de gestion (ex. : comité de direction). Je perçois la grande importance d’établir des contacts au niveau latéral, vertical et même en zig zag je dirais! Une fois le contact établi avec ces personnes, il est important de noter les informations importantes ou plus personnelles sur ces dernières. Ici, le bon vieux carnet de notes est fort utile. C’est l’occasion de poser des questions, écouter pour comprendre les enjeux importants qu’ils perçoivent au sein de votre organisation et dans votre environnement sectoriel avec lesquels vous êtes moins familiers.

Qu’est-ce qui les préoccupe ces jours-ci dans leur équipe? Comment réagissent leurs clients? Qu’est-ce qui changera au retour à la «normalité» selon eux? Y a-t-il des projets qui seront accélérés ou au contraire, abandonnés? La fonction du réseau stratégique n’est pas de vous donner des réponses précises mais plutôt des pistes pour nourrir votre réflexion. Ce réseau est vos antennes.

As-tu un truc pour faciliter la mise en relations avec ces gens identifiés?

Oui, il y a des petits trucs. On peut, par exemple, partager un article intéressant en mentionnant que vous souhaiteriez bien obtenir la perspective de cette personne sur ce sujet, accompagné d’une petite note «Dispo pour un court appel ou un café virtuel de 20 minutes la semaine prochaine?»

En temps de crise, nous sommes tous sur-sollicités en visioconférence. C’est comme si tout à coup, les rencontres vidéo sont devenues la nouvelle manifestation de la «réunionite». Je vous suggère, si le contexte le permet, de simplement prendre le téléphone, rendant son aspect plus informel, déliant ainsi la conversation.

Ces personnes sont habituellement très occupées. Comment fait-on pour s’insérer dans une petite case de leur agenda?

L’autre truc est la gestion de votre calendrier : planifiez d’avance! Je connais peu de leaders seniors dont leur agenda leur permet de prendre «sur le champ» un café virtuel. Je planifie souvent ces rencontres un mois et même un trimestre en amont. Il faut une dose de patience, un soupçon d’audace pour oser inviter quelqu’un qu’on ne connaît pas. Mais ça vaut la peine!

Je suis toujours surprise de voir à quel point les gens sont généralement très ouverts à une prise de contact informelle. Je ne me souviens pas d’une seule fois où j’ai invité quelqu’un à un café, petit-déjeuner ou lunch et que cette personne a carrément refusé. Ou bien, j’ai peut-être simplement choisi de les oublier… haha!

 

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