Rallier et influencer

Les émotions ont-elles leur place au travail ?

23 novembre 2017 par Geoffrey Dirat

Pour écrire son livre It’s Always Personal : Emotion in the New Workplace, la journaliste Anne Kreamer a interviewé 700 femmes et hommes. Il en ressort que les premières sont bien plus nombreuses que les seconds à exprimer leurs émotions au travail : 41 % des femmes de son panel admettent avoir déjà pleuré au bureau, contre 9 % des hommes.

Le problème ? Règle générale, ces larmes, dans l’œil d’un homme, seront perçues comme une preuve de sensibilité alors que chez une femme gestionnaire, elles seront interprétées comme un aveu de faiblesse…

Dans un contexte où perdure le cliché de « la femme est émotionnelle, l’homme rationnel », que doit-on faire de nos émotions au travail ? Découvrez les réponses de la psychologue organisationnelle Isabelle Chagnon. 

Les émotions ont-elles leur place au travail ?
Pour Isabelle Chagnon, la question n’est pas tant de savoir si nos émotions ont leur place au bureau, mais plutôt quelle place on leur laisse. Notre travail nous fait vivre de grandes joies et d’immenses fiertés, mais il nous confronte également à des situations stressantes, frustrantes, voire bouleversantes. « Il faut savoir gérer adéquatement nos émotions pour qu’elles aient un impact positif dans nos relations professionnelles. Si on se laisse complètement envahir par celles-ci, cet impact sera négatif », explique la spécialiste en développement des compétences relationnelles. 

Mieux se connaître…
Les émotions sont autant d’indices qui permettent de comprendre ce qui se passe en nous. Elles sont connectées à nos valeurs, nos forces et nos zones de vulnérabilité, et elles mettent en lumières nos joies et déceptions. « Au travail, idéalement, il faut prendre du recul pour analyser ce qu’on ressent et mieux comprendre la source de nos émotions, afin de s’adapter aux diverses situations », indique la consultante.

Si on est gestionnaire, par exemple, et qu’avant une réunion d’équipe, notre meilleur collaborateur nous annonce qu’il démissionne, on pourrait être déstabilisée, fâchée ou déçue. Cela pourrait nous faire sentir très vulnérable. Dans ces conditions, la spécialiste propose de reporter la rencontre, afin de se donner le temps de rebondir sur la nouvelle, et d’être mieux équipée pour en discuter avec les autres.

Quand les montrer, quand les cacher ?
Montrer nos émotions, c’est être sincère et authentique, et ça inspire confiance. Ceci dit, il faut toujours réfléchir à l’impact de ces émotions sur nos collaborateurs et collègues. « Si notre intention est de préserver la motivation de notre équipe, après avoir constaté l’insuccès d’un nouveau projet par exemple, vaut mieux doser notre niveau de déception [sans la masquer complètement] et mettre plutôt l’accent sur notre capacité à rebondir, indique la consultante. Alors que si l’on est en désaccord avec une décision de notre employeur, il serait préférable de dissimuler notre frustration, le temps de prendre du recul et de cerner ce qui nous irrite réellement. » Il ne s’agit pas de cacher nos émotions, mais de s’assurer de bien les partager et surtout, d’être en mesure d’en expliquer les fondements. 

Écouter nos émotions… pour mieux communiquer avec les autres
En étant à l’écoute de nos émotions, on finit par mieux les comprendre et les maîtriser. « Si on est à l’aise avec ce qu’on éprouve, on ne pourra que mieux interagir avec les autres », assure Isabelle Chagnon.

Et si on rencontre une collaboratrice qui traverse des difficultés personnelles et que cela nous inquiète, « on n’hésite pas à être transparente avec elle et à lui témoigner notre empathie. Cela l’encouragera à s’ouvrir sur sa situation », expose la psychologue en soulignant qu’il faut trouver un équilibre entre dosage et pertinence. 


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