Rallier et influencer

Isabelle Hudon au G7 : ses conseils pour négocier et influencer

21 juin 2018 par Simon Painchaud

Ne laisser aucune fille et femme derrière. C’est la grande intention qu’on retient des 100 recommandations émises par le Conseil consultatif sur l’égalité des sexes à l’occasion du G7. Présidé par l’ambassadrice du Canada en France, Isabelle Hudon, et Mélinda Gates, coprésidente de la Fondation Bill et Melinda Gates, le groupe avait la délicate mission d’appuyer les dirigeants afin que l’égalité des sexes demeure au cœur des discussions.

Isabelle Hudon, qui est également cofondatrice de L’effet A et leader du Défi 100 jours L’effet A, revient sur son expérience et nous révèle comment sa confiance, sa capacité à bien négocier et à influencer ont été ses plus grands alliés.

Ton rôle lors du G7 requérait une bonne part d’influence politique. Comment as-tu réussi à naviguer dans ce contexte où les attentes et la pression étaient particulièrement élevées ?
Lorsque le premier ministre m’a appelée, je n’ai pas hésité une seconde. Pour la cause, j’ai dit oui tout de suite. Mon mandat était clair et j’avais la confiance du premier ministre, deux éléments clés.

Dans le contexte du Sommet, j’ai mis en pratique les comportements qui sont au cœur des piliers du Défi 100 jours L’effet A : la confiance en soi, la négociation et l’influence.

Il faut savoir que tout se joue avant de mettre le pied dans la salle : une grande partie du travail consiste d’abord à assumer pleinement son rôle et à avoir confiance en ses compétences. Mais, comme dans tout mandat professionnel, on n’y arrive jamais seul. Il faut donc aller à la rencontre des différentes équipes et délégations, comprendre leurs préoccupations, tisser des liens et s’en faire des alliés. La capacité d’influence est fondamentale. Au cours des jours précédents, je m’étais assurée d’avoir les bons échanges avec les équipes du premier ministre Trudeau et du président Macron, ainsi qu’avec les membres du comité. Ces efforts pour rejoindre et comprendre l’autre ne sont jamais vains.

Comment négocie-t-on avec des gens et des groupes ayant des intérêts divergents ?
Le Conseil consultatif était constitué de 20 membres aux horizons divers et provenant de partout dans le monde. J’ai négocié pendant quatre mois avec mes propres membres du comité afin de cerner les enjeux et sujets qui seraient mis de l’avant. Je ne m’attendais pas à faire autant de négociation. J’ai dû faire preuve d’écoute, de respect et je me suis assurée d’être en équilibre entre ce que je donnais et ce que j’exigeais. Mais à la fin, il faut exercer son rôle de leader et trancher. Ma philosophie était celle de représenter un groupe uni, et non pas incarner le cumul de nos intérêts personnels. Nous avions une multitude d’opinions et il fallait bien jouer nos cartes pour les aligner toutes.

Lorsque tu es entrée dans la salle pour présenter les recommandations du Conseil, les gens les plus puissants de la planète étaient assis devant toi. Comment t’es-tu sentie ?
C’est vrai que ça peut être intimidant d’avoir sept des leaders les plus influents du monde devant soi, mais j’étais très bien préparée. Nous avions travaillé la veille sur nos interventions. J’avais vu le plan de la salle, je savais que je serais assise entre Émmanuel Macron et Justin Trudeau et que devant moi, il y aurait la chancelière Merkel et le président Trump. Je me suis imaginé livrer mon discours.

Le jour J, je suis entrée dans la salle avec le sentiment qu’il n’y avait aucune distance entre les leaders et moi. C’était très confortable comme environnement — jamais je ne me suis sentie seule. De plus, je dis souvent que la crédibilité d’une personne est intimement liée à la rigueur du contenu et des idées qu’elle porte et partage. Ce fut le cas lors du G7 et ça paraissait dans ma posture physique et mentale. J’avais choisi de parler en français et j’ai réservé quelques mots au début de mon allocution au président Trump afin de capter son attention. La stratégie a fonctionné.

Un ou une leader t’a particulièrement inspirée par ses actions lors du G7?
La première ministre Theresa May savait prendre la balle au bon lors des discussions. Son écoute, sa répartie et la profonde connaissance du sujet lui ont grandement servi. Elle m’a impressionnée par sa capacité à montrer la voie aux six autres membres du G7 en évoquant les actions entreprises par le Royaume-Uni en matière d’égalité des sexes. Elle a fait preuve d’une grande solidarité d’idée.

Suivez-nous sur FacebookTwitterLinkedIn, et Instagram. Vous pouvez également vous abonner à notre infolettre.

Photos : Gouvernement du Canada

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

L'effet A est une initiative de

O'Dandy