Prendre des risques

Nicole Robert: un succès basé sur la prise de risques

23 février 2017 par Katia Tobar

Derrière chaque carrière inspirante, des risques ont été pris. Notamment dans le milieu plein d’incertitudes du cinéma. Vous vous demandez comment affronter les conséquences d’une prise de risque décevante? Et surtout, comment se relever d’un demi-succès? On a posé la question à Nicole Robert, productrice et présidente de Go Films, dont la carrière entière repose sur la prise de risques.

Chaque scénario sélectionné qu’elle porte à l’écran est un risque à la fois financier et pour sa réputation. Un risque qu’elle fait également courir à son équipe. Si certains ont abouti à de beaux succès récompensés (la Bobine d’or pour son premier film La guerre des tuques ou le Jutra du meilleur film pour Québec-Montréal), elle aurait pu tout perdre avec d’autres.

ANALYSE D’UN SUCCÈS EN 4 LEÇONS
Rencontre avec une entrepreneure qui n’a pas froid aux yeux!

1. N’AYEZ PAS PEUR D’EXPÉRIMENTER
La productrice Nicole Robert est une visionnaire, elle aime essayer de nouvelles choses. Si en entrevue elle parle avec passion d’intelligence artificielle et de voiture autonome, elle se souvient avec nostalgie avoir été une des premières au Québec à posséder un téléphone cellulaire. «Un énorme appareil! Quand il sonnait, tout le monde me regardait», se souvient-elle.

Il n’y a pas que dans le domaine des nouvelles technologies que la fondatrice de Go Films aime expérimenter. Dans le choix des films qu’elle produit aussi. «J’adore les premières oeuvres.», s’exclame celle qui a travaillé avec Podz (Les 7 jours du Talion, L’Affaire Dumont, King Dave) et Ricardo Trogi (Québec-Montréal, 1981, 1987).

Le dernier en date est le troublant film Nelly, réalisé par Anne Émond et inspiré de la vie et de l’oeuvre de Nelly Arcan. Un véritable défi logistique et artistique pour l’actrice principale Mylène Mackay, qui interprétait à elle seule quatre personnages vus comme les quatre facettes de l’écrivaine. Un véritable coup de coeur pour la productrice!

2. SUIVEZ VOTRE INTUITION
Pour choisir les films qu’elle produira, le premier réflexe de Nicole Robert est de suivre son intuition. «J’écoute mes émotions. Ce qui est certain, c’est que je dois avoir un coup de coeur pour le scénario que je lis», a-t-elle expliqué. Après le coup de coeur, et seulement après, vient l’étape de la rationalisation. «Est-il possible de financer le film? Avec qui vais-je devoir travailler? Est-ce que je vais pouvoir le porter jusqu’à l’écran?» Ces questions n’arrivent qu’en second plan. Et pour rallier son équipe autour d’un projet de film, Nicole Robert mise sur son enthousiasme «communicatif» et sa confiance en elle lorsqu’elle leur présente son projet.

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3. REGARDEZ TOUJOURS DEVANT 
«On parle souvent de moi comme d’une femme qui aime prendre des risques. Pourtant je ne le vois pas le risque, je travaille avec passion», a confié Nicole Robert.

Une passion qui a parfois mené à des expériences douloureuses, comme avec le film Laura Laur, son premier long-métrage produit complètement seule. À la fin des années 80, Nicole Robert produit le film adapté du roman de Suzanne Jacob et réalisé par Brigitte Sauriol. Mais elle éprouve des difficultés à le financer. Elle épuise ses économies, emprunte et finira même par devoir vendre sa maison. «Je n’avais même plus 5 sous pour me payer des photocopies», se souvient-elle.

Pour surmonter cette situation qui paraissait inextricable, «j’ai regardé devant», explique-t-elle. C’était la seule voie possible. Il fallait apprendre de ses erreurs et continuer. Mais renoncer au risque? Jamais!

Récemment, elle l’a encore une fois prouvé en produisant le dernier film de Podz, King Dave. Un véritable défi technique, car le film était produit en un seul plan séquence, en une seule nuit. «On a tous eu à réinventer notre travail», confie-t-elle. Si ce film a été la source de problèmes financiers, elle se souvient avec enthousiasme de l’adrénaline ressentie lors du tournage. «Comme disait mon comptable, j’ai mangé mes bas avec ce projet, mais je ne regretterai jamais».

«Chaque écueil me fait rebondir, me stimule à remonter le creux de la vague», a-t-elle confié en entrevue au magazine Châtelaine à propos de ses demi-succès.

4. BASEZ VOTRE LEADERSHIP SUR L’ÉCOUTE
Nicole Robert ne croit pas en un «leadership unilatéral». «Même si le milieu du cinéma est très hiérarchique, j’observe que le pouvoir de décision vient de plus en plus du terrain», décrit-elle. Au haussement de voix et au poing sur la table, elle privilégie donc l’écoute et le travail en équipe avec ses collaborateurs. «Je prends de la place, mais je suis capable de laisser la place à quelqu’un d’autre aussi».

Dans les bureaux de Go Films, ses employés la décrivent comme étant à la tête d’une «dictature démocratique». Elle en rit. «C’est assez juste, je suis perfectionniste, exigeante, dans le contrôle, je demande à mes employés d’être performants, mais je les consulte tout le temps, car j’aime qu’on partage nos idées, nos impressions, nos états d’âme». Et surtout, elle sacralise la notion de plaisir dans le travail, tant pour elle que pour ses collaborateurs!


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