Dans mes souliers

Dans les souliers de Marie-France Poulin

19 juillet 2017 par Caroline Larocque-Allard

Marie-France Poulin a grandi avec un mot en tête : progrès. C’est dans cet esprit que la première femme à présider le conseil d’administration de l’Administration portuaire de Québec a également siégé au sein des conseils d’administration d’Hydro-Québec, de la Banque Laurentienne et de l’Université Laval. Mme Poulin est aussi vice-présidente du Groupe Camada et de Kalia inc, qu’elle a cofondé, et préside le conseil d’administration du YWCA de Québec.
Sur le terrain, cette accompagnatrice de talent en profite pour promouvoir une plus grande diversité dans les conseils d’administration, en y intégrant notamment davantage d’entrepreneurs et de femmes. Véritable vecteur de changement, son énergie donne envie de lui emboîter le pas!

1. Quelle est ta plus grande ambition?
Sortir régulièrement de ma zone de confort, parce que je crois que c’est en partie ce qui amène le progrès. Je cherche toujours à ce qu’il y ait une progression, en moi comme dans les équipes avec lesquelles je travaille.

Par exemple, on constate un appétit pour une diversité dans les conseils d’administration, mais malgré cet appétit et les quotas qu’on s’impose, il faut faire des efforts pour que ça progresse jusqu’à devenir un automatisme. C’est un effort, d’oser ratisser plus large que nos réseaux habituels pour aller dénicher des profils diversifiés, étonnants, qui apportent un vent nouveau dans les entreprises. Je fais cet effort-là aujourd’hui pour que ça devienne de plus en plus facile d’atteindre une belle diversité.

2. Quand ton ambition est au plus bas, quelle chanson te redonne de l’énergie?
Mon remède au manque d’énergie, c’est la course. Et quand je cours, j’ai toujours dans mon iPod une liste de chansons au goût du jour que ma fille renouvelle pour moi. Ces temps-ci, la chanson Happy me permet de décrocher, de me sentir plus jeune. Ce genre de musique, associée à la course, fait de la place aux bonnes idées!

3. À quel moment as-tu réalisé qu’un de tes talents pourrait te permettre de te démarquer?
Je suis quelqu’un d’assez diplomate et je crois que je réussis adroitement à faire passer les messages pour que les situations plus délicates se dénouent. C’est un talent que j’ai compris que j’avais quand j’ai commencé à travailler dans des conseils d’administration. Dans une situation où tout le monde autour d’une table n’est pas sur la même longueur d’onde, je suis capable de rallier les gens dans le respect, pour que chacun finisse par se sentir interpellé et qu’on réussisse à faire progresser les dossiers.

4. Si tu n’étais pas si modeste, de quel bon coup aimerais-tu te vanter?
Dans les derniers mois, le conseil d’administration du YWCA de Québec que je préside a réussi à trouver les conditions gagnantes pour qu’on puisse réaliser un projet de rénovations majeures à l’édifice. Ce dossier tournait en rond depuis dix ans, et enfin, on va livrer un beau bâtiment tout rénové, dans les délais et dans les coûts. On a réussi notre campagne de financement, on est allé chercher les bons partenaires et ça me rend très fière.

5. Isabelle Hudon répète souvent qu’il n’y a pas d’échec, que des demi-succès. Quel est ton plus grand demi-succès?
C’est une question très embêtante pour moi. Pas parce que je n’ai jamais connu d’échec, au contraire, mais parce que j’ai une faculté de rebondir si vite que j’ai du mal à trouver un « demi-succès » qui soit plus particulier qu’un autre. Je n’ai jamais vraiment eu peur d’essayer, ni d’échouer. Tout ça fait partie de la vie pour moi, les échecs ne sont pas marqués au fer blanc.

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6. Quelle est ta devise?
Justement, je crois que c’est ma devise familiale qui explique que j’ai du mal à me souvenir des échecs! C’est une façon de voir la vie qui vient de mon père : quand on a tout donné pour un projet et que ça ne va pas dans le sens qu’on souhaitait, on se vire de bord, on se donne un coup de pied et on repart! Si on essaie quelque chose en étant intègre, en pensant bien faire, c’est suffisant en soi pour se permettre de lâcher prise et passer à un autre projet quand ça ne fonctionne pas.

7. Si tu pouvais obtenir un nouveau talent en claquant des doigts, quel serait-il?
J’aurais aimé être designer de produits, avoir le coup de crayon nécessaire. J’aurais aimé inventer un produit, le dessiner, le créer, le voir prendre forme et fonder une entreprise de A à Z basée sur ce produit.

8. Professionnellement parlant, qu’est-ce que les années d’expérience t’ont appris?
J’ai appris à faire grandir ma confiance en affaires. Plus jeune, je me posais beaucoup plus de questions avant de plonger. Aujourd’hui, je suis capable, avec un certain détachement et une sérénité, d’essayer quelque chose de nouveau, en n’ayant aucune difficulté à le faire fidèlement à ce que je suis.

9. Quel est le meilleur conseil que tu as reçu?
« Go! Avance! » Mon père a été un grand coach pour moi. Il m’encourageait en paroles, mais il était aussi un modèle par sa façon d’être. Je l’ai adaptée à ma personnalité; je suis fonceuse, mais de manière moins flamboyante que lui!

10. Dans les souliers de quelle femme connue aimerais-tu passer 24 h?
Ç’aurait été Lady Di, pour être restée fidèle à sa grande générosité, son humilité et sa proximité avec les gens, malgré le rôle qu’elle portait.

11. Avec quelle paire de souliers pourrais-tu conquérir le monde ?
Une paire d’espadrilles. Je suis une fille de terrain, qui aime être avec les gens, les deux pieds sur terre. Avec une paire d’espadrilles vient un défi, et ça m’anime. Avec une paire d’espadrille, tu as toujours un pied devant l’autre, alors tu avances!

12. Jusqu’où veux-tu aller avec ces souliers?
Jusqu’à 100 ans! En accompagnant des gens, et moi-même, dans leurs rêves.

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