Dans mes souliers

Dans les souliers de Nicole St-Hilaire

1 septembre 2017 par Caroline Larocque-Allard

Dès son arrivée comme administrateure et trésorière du Cercle finance du Québec, en 2012, Nicole St-Hilaire a compris la nécessité de faire une plus large place aux femmes dans le monde encore très masculin de la finance.

L’initiatrice du Colloque femmes en finances, dont la prochaine édition aura lieu à Québec le 12 septembre, nous raconte pourquoi l’expression de son ambition s’est révélée tard dans sa carrière et ce qu’elle compte faire pour que les jeunes professionnelles en finances évitent ses propres erreurs de parcours.

1. Quelle est ta plus grande ambition?
C’est une ambition née récemment, quand j’ai pris ma retraite de chez Desjardins. J’ai eu envie de mettre à profit mes 40 ans d’expérience professionnelle et mon nouveau temps libre en me consacrant aux femmes en finances par le biais du Cercle finance du Québec.

J’ai constaté que malgré que les femmes apportent maintenant une large contribution au milieu de la finance, elles ne sont pas encore reconnues à juste titre. Si je peux les amener à prendre toute la place qui leur revient et à éviter certaines erreurs que j’ai faites, je serai bien contente!

2. Quand ton ambition est au plus bas, quelle chanson te redonne de l’énergie?
C’est aussi ma sonnerie de téléphone : Don’t worry, be happy, de Bobby McFerrin. C’est une chanson qui me fait décrocher, qui me met dans les meilleures dispositions. Peu importe qui appelle!

3. À quel moment as-tu réalisé qu’un de tes talents pourrait te permettre de te démarquer?
Pendant toute ma carrière, je n’ai eu aucun réseau de contacts professionnels à l’extérieur de mon lieu de travail. J’admirais beaucoup les gens qui semblaient connaître tout le monde dans les colloques. Je ne savais pas comment atteindre ça.

Puis, il y a à peine quatre ans, j’ai eu la chance qu’un collègue chez Desjardins, Clément Roberge, qui est aujourd’hui président du Cercle finance du Québec, me propose de me montrer comment bâtir mon réseau professionnel. Je partais de zéro! Aujourd’hui, je suis fière d’avoir un solide réseau d’affaires, qui m’a permis de découvrir que j’ai un talent pour convaincre et amener les gens à embarquer dans mes projets. C’est très satisfaisant de savoir que même passé 60 ans, on peut encore développer des talents enfouis et les laisser enfin s’exprimer.

4. Si tu n’étais pas si modeste, de quel bon coup aimerais-tu te vanter?
En m’impliquant dans le Cercle finance du Québec, j’ai fait trois constats qui ont déclenché tous les projets que j’ai mis sur pied par la suite. D’abord, sur dix administrateurs, je suis encore aujourd’hui la seule femme, ce qui n’est pas du tout représentatif de la contribution des femmes dans le milieu de la finance.

Ensuite, dans nos quelque vingt activités par année, les femmes ne comptent que pour 15% à 17% des participants. Enfin, les femmes étaient aussi très peu sollicitées pour être conférencières lors de ces activités.

Je voulais donc créer un événement récurrent et stimulant pour les femmes en finances. En 2015, j’ai organisé une première rencontre qui a attiré 300 femmes. Je voulais que ce soit un événement déclencheur, et je suis très fière qu’il se soit transformé en colloque l’année suivante, puis qu’on en soit à quelques jours de notre deuxième édition.

5. Isabelle Hudon répète souvent qu’il n’y a pas d’échec, que des demi-succès. Quel est ton plus grand demi-succès?
Ce serait la lenteur des changements que je réussis à provoquer dans ce que je souhaite voir changer, à savoir la participation des femmes. Je le prends très personnel, parce que ça me tient beaucoup à cœur. Les chiffres ont évolué; nous serons deux femmes au conseil d’administration du Cercle finance du Québec en septembre et le nombre de femmes conférencières a augmenté. Je souhaiterais que l’évolution soit plus rapide, mais je sais par ailleurs être fière des changements qui ont effectivement lieu grâce à mes efforts.

6. Quelle est ta devise?
« Parce qu’oser, c’est gagner. » C’est une devise qui m’anime de plus en plus. Pour moi, c’est vrai pour la vie professionnelle comme pour la vie personnelle. Même si le résultat n’est pas ce qu’on souhaite, quand on ose, on est amené ailleurs.

7. Si tu pouvais obtenir un nouveau talent en claquant des doigts, quel serait-il?
À l’âge que j’ai, je ne souhaite pas avoir de nouveaux talents; je n’aurais pas assez de temps pour les développer! Je souhaite simplement miser sur les talents que j’ai déjà, les mettre à profit et faire en sorte qu’ils aient un effet positif sur mon entourage.

8. Professionnellement parlant, qu’est-ce que les années d’expérience t’ont appris?
J’ai toujours pensé qu’on finirait par reconnaître mon apport à mon milieu professionnel simplement en livrant toujours de beaux dossiers fignolés et en respectant les échéances. Je me suis empêchée d’assister à des événements professionnels par crainte de remettre des dossiers moins parfaits que je le voulais. J’ai compris sur le tard que ce n’est pas en étant « première de classe » qu’on réussit à se démarquer; c’est en frayant avec les gens qui ont le pouvoir de nous faire avancer professionnellement. Je sais aujourd’hui que j’aurais dû travailler sur autre chose que sur la perfection!

9. Quel est le meilleur conseil que tu as reçu?
Je ne me rappelle pas avoir reçu de conseils au cours de ma carrière. Le mentorat, le coaching, ce n’était pas à la mode. J’ai toutefois eu la chance de développer une relation de mentorat tard dans ma vie, qui m’a menée à ce beau projet de retraite que j’ai aujourd’hui auprès des femmes en finances.

10. Dans les souliers de quelle femme connue aimerais-tu passer 24 heures?
Je ne voudrais pas chausser ses souliers, parce qu’ils seraient beaucoup trop grands pour moi, mais j’aimerais au moins passer 24 heures en compagnie de Christine Lagarde. Cette femme extrêmement brillante est mon idole : pour le parcours qu’elle a fait parmi les grands du monde des finances et des affaires, pour avoir fait sa place dans un milieu hautement conservateur et masculin, et aussi pour le fait qu’elle ait conservé sa féminité et ses qualités personnelles dans son ascension.

11. Avec quelle paire de souliers pourrais-tu conquérir le monde?
Je mesure à peine 5 pieds 1 pouce, alors les espadrilles ou les ballerines, très peu pour moi! C’est chaussée de talons hauts que je me sens à la hauteur et en possession de tous mes moyens.

12. Jusqu’où veux-tu aller avec ces souliers?
Partout où il y a des choses à découvrir, autour de moi et en moi.

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