Conseils à emporter

Faut-il encore avoir un plan de carrière en 2020?

22 juin 2020 par Emmanuelle Gril
plan de carriere

Il est loin le temps où l’on pouvait envisager de faire toute sa carrière au sein d’une même organisation… Le monde du travail a subi bien des mutations ces dernières années. Ambitieuse, on peut se demander s’il faut saisir les opportunités au fur et à mesure qu’elles se présentent ou s’il demeure préférable de se préparer un bon vieux plan de carrière. La réponse est nuancée. Pour nous éclairer, deux professionnelles partagent leur point de vue sur la question.

Se développer pour progresser, encourage Brigitte Simard

Si elle estime que préparer un plan de carrière est une bonne idée, Brigitte Simard, présidente de la firme de chasseur de têtes Intel2Talent souligne néanmoins qu’actuellement, on parle plutôt de plan de développement. «Avant, on pensait davantage en termes de progression linéaire, que ce soit au sein de la même entreprise ou non, avec l’augmentation salariale qui y était rattachée. C’était également notre employeur qui nous proposait de la formation en fonction des besoins qu’il avait à combler. Maintenant, cela relève de la responsabilité de chacun de se former, de mettre sur pied une stratégie pour développer ses habiletés et compétences, en fonction du but qu’il veut atteindre», illustre-t-elle. 

Pour y parvenir, elle suggère de faire une introspection poussée dans le but d’identifier ses désirs professionnels et les expertises correspondantes, ceci afin d’enrichir son propre coffre à outils. Il ne s’agit pas nécessairement de s’inscrire à des ateliers ou à des cours, cela peut aussi prendre la forme d’une demande de mutation dans un autre secteur de l’entreprise par exemple, pour élargir son champ d’action et ajouter une corde à son arc. Ce déplacement latéral peut nous aider, à terme, à faire le pont et à atteindre nos objectifs.

Pourquoi est-il préférable de faire un plan selon Brigitte Simard? «Sans ligne directrice, on a tendance à tourner en rond. Définir un plan permet de savoir où on veut aller et de quelle façon on va se rendre à destination, ainsi que les moyens à mettre en œuvre pour y parvenir», souligne-t-elle.

Brigitte Simard encourage d’ailleurs les femmes à se plier à l’exercice. Elle a observé que de manière générale, celles-ci sont moins portées à se fixer des objectifs de carrière précis que leurs homologues masculins. «On a peur d’être jugée si on nomme trop clairement nos ambitions. Inversement, un homme ne craindra pas de dire qu’il veut accéder à un poste de direction d’ici les cinq prochaines années, par exemple. Or, il faut se rappeler que si l’on ne formule pas les choses, on aura davantage de difficulté à identifier le chemin à suivre pour parvenir à destination», prévient-elle.

À cet égard, s’adjoindre un mentor peut considérablement aider à progresser. Cela permet de faire le point de façon objective sur nos forces, mais aussi sur les aspects à améliorer, sur les compléments de connaissances et les habiletés à développer.

Éviter les plans trop rigides, selon Stéphanie Trudeau

Pour sa part, Stéphanie Trudeau, vice-président exécutive, Québec, chez Énergir, n’a jamais défini de plan de carrière en tant que tel, même si elle avait certains objectifs clairs en tête. «Plusieurs éléments étaient fondamentaux à mes yeux : je voulais travailler dans une entreprise qui correspondait à mes valeurs et  pouvoir participer aux décisions. C’est ce que j’ai réussi à faire jusqu’à aujourd’hui, en saisissant les opportunités qui se présentaient à moi», explique-t-elle. Ainsi, elle a gravi les échelons au sein d’Énergir, acceptant à plusieurs reprises de nouveaux défis qui la forçaient à sortir de sa zone de confort, mais qui lui ont permis d’acquérir de nouvelles connaissances et compétences.

«Si l’on se fixe des objectifs trop rigides — comme vouloir accéder à un poste de direction à 40 ans, par exemple — on peut être amené à prendre des décisions qui, au bout du compte, ne nous satisferont pas. J’ai vu des gens accepter des emplois dans des entreprises où ils ne sont pas heureux, uniquement pour suivre leur plan de carrière. À mon avis, on ne peut pas en sortir gagnant», illustre Stéphanie Trudeau.

Elle estime que l’essentiel est de bien se connaître, de bâtir sa confiance en soi, puis de rester ouvert aux occasions qui s’offrent à nous. Car après tout, démontrer que l’on est capable de s’adapter et de relever les défis, même si cela ne correspond pas à notre plan de match initial, est un ingrédient clé pour progresser.

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