Louise Arbour: analyse d’un succès en 4 leçons

Louise Arbour: analyse d’un succès en 4 leçons

Vous vous êtes déjà demandé comment certaines personnes atteignent des sommets himalayens au cours de leur carrière? Quels talents ou quelles décisions leur ont permis de sortir du lot ? Louise Arbour est l’une de ces femmes dont le parcours inspire et marque les esprits.

Pour la petite histoire, elle a été professeure de droit, juge en Ontario puis présidente d’une commission d’enquête provinciale. De là, elle fait un bond spectaculaire et a enchaîné les fonctions les plus prestigieuses à l’international : procureure en chef au Tribunal pénal international pour le Rwanda et l’ex-Yougoslavie, juge à la Cour Suprême du Canada et Haut-Commissaire de l’ONU pour les droits de l’homme. Une grande dame du droit !

Louise Arbour a connu une carrière hors norme qui a été maintes fois racontée et honorée partout dans le monde. Nous sommes allés à sa rencontre afin de vous partager quelques éléments qui ont joué un rôle déterminant dans son parcours.

Analyse d’un succès en 4 leçons
1. Développez une super compétence

«Lorsque je rencontre des jeunes qui me disent qu’ils aimeraient avoir une carrière comme la mienne, je leur répète que la chose la plus importante, c’est d’acquérir une compétence. Peu importe le domaine, il faut pouvoir livrer quelque chose qui sera au-delà de la moyenne. La compétence, c’est la clé, c’est le point de départ», explique Louise Arbour.

La super compétence de Louise Arbour est sa capacité irréfutable à comprendre rapidement tous les enjeux entourant le droit, ce qui explique, entre autres, son aptitude à occuper des postes très différents que ce soit professeur, juge ou procureur. «Je ne me suis pas beaucoup éloignée du droit au cours de ma carrière, poursuit-elle pour expliquer en partie son succès.  C’est l’élément central de mon parcours.»

2. Acceptez les défis

«Je n’ai jamais eu de plan de carrière. Mais lorsque le téléphone sonne, je réponds», résume Louise Arbour. Même si elle ne s’est jamais considérée comme étant ambitieuse (ce qu’elle explique en partie par son héritage judéo-chrétien, voulant que l’humilité soit davantage valorisée que «l’autopromotion»), elle convient qu’elle a eu l’ambition de dire «oui» lorsqu’on lui a offert des postes qui, très souvent, représentaient un saut important à franchir dans son parcours.

«De nombreuses femmes croient ne pas être assez qualifiées pour les postes qu’on leur propose… Dans mon cas, c’était vrai ! Par exemple, j’ai été juge à la cour supérieure de l’Ontario, alors que je n’avais jamais pratiqué le droit auparavant. J’étais professeure à cette époque.»

Une situation qui s’est répétée alors que présidente d’une commission d’enquête en Ontario, elle est devenue procureure en chef du Tribunal pénal international à La Haye.

Évidemment, dire «oui» ne suffit pas. Il faut ensuite être en mesure de relever le défi. «Je pense que j’ai toujours eu un bon instinct, ajoute-t-elle. Même si je savais ne pas être assez qualifiée pour le prochain chapitre, je connaissais mes limites : je savais ce que j’étais capable d’apprendre et ce que je n’étais pas capable d’apprendre. J’ai été très audacieuse et j’ai pris des risques.»

3. Aimez être dans l’inconfort

Si une chose ne fait pas de doute, c’est que Louise Arbour aime particulièrement la période de transition où l’on change complètement d’environnement quand on entame un nouveau poste. «J’adore ce moment où l’on ne comprend rien. Le changement et le déséquilibre me conviennent très bien. D’ailleurs, je trouve que ça reflète une vision plus réaliste du monde. Le monde, c’est très compliqué. En anglais, on dit « Humanity is very high maintenance. »»

Selon Mme Arbour, vouloir rester dans un confort professionnel, où tout est stable et familier, n’est pas stimulant ni enrichissant. «Le vrai jeu, c’est celui qui nous amène à gagner en vécu et en apprentissage, ça bouge tout le temps, c’est compliqué. Il y a de grands bouts où on est dans le brouillard… C’est un climat intellectuel qui ne convient pas à tous, mais moi, j’aime ça !»

4. Tirez profit du contexte dans lequel vous évoluez

Louise Arbour croit avoir été «préparée» à prendre sa place dans un milieu foncièrement masculin. «Jusqu’à l’âge de 20 ans, j’ai été élevé par des femmes dans un monde… de femmes ! Mes parents se sont séparés lorsque j’étais très jeune et j’ai grandi avec ma mère. J’ai ensuite été pensionnaire dans un collège de filles, où je suis restée jusqu’à l’âge de 20 ans. J’ai vécu une forme de matriarcat exclusif. Je ne me suis donc jamais posé de questions sur la compétence des femmes.»

Inspirée par toutes les femmes intelligentes et volontaires qui l’ont entourée, elle croit avoir intégré le marché du travail à une époque où les hommes étaient conscients qu’ils devaient faire davantage de place à leurs consœurs. «J’ai eu beaucoup de chances. Je suis arrivée à un moment où l’on cherchait à offrir des postes aux femmes.»

Dans bien des cas, ce contexte a été un avantage, soutient Louise Arbour. «Avoir un point de vue différent du corpus, de la masse, ça donne un apport d’originalité, même si parfois ça peut nous amener à être marginalisés !» Une originalité dont elle a su tirer profit, lorsque, par la suite, elle est devenue la première francophone et la première femme juge à la Cour suprême de l’Ontario.

Cette femme d’une grande simplicité et à la carrière hors norme conclut l’entretien en nous partageant une autre réflexion : «J’aime les gens ordinaires et humbles qui s’acceptent comme ils sont. Parfois, je me demande comment j’ai fait pour me retrouver dans l’establishment… Ce doit être ma capacité à m’adapter facilement !»

Et voilà, une dernière leçon d’une grande dame.

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