La mixité: une priorité au Crédit Agricole

La mixité: une priorité au Crédit Agricole

Gaëlle Ropers Michelot, directrice du secteur Val Parisis au Crédit Agricole Île-de-France (CADIF), est une femme engagée pour la mixité au sein de son entreprise. Grâce à l’initiative de Nathalie Mourlon, ancienne Directrice Générale Adjointe du CADIF et à la suite de son passage au Défi 100 jours, elle met en place, avec d’autres diplômées, des comités pour la mixité des genres au Crédit Agricole, changeant ainsi leur environnement de travail grâce à l’implication de tous.

«On ne voulait pas que ce ne soit que du “Girl Power”», explique rapidement la directrice de secteur régional. Quand elle parle de la mise en place des comités de mixité pour faire progresser la place des femmes au sein de son entreprise, elle explique pourquoi il était important d’inclure tout le monde dans l’exercice. «Pour nous, c’est la richesse des hommes et des femmes, ensemble, qui contribue à la performance et à la multitude d’idées», soutient-elle.

Pour les femmes issues des deux premières cohortes françaises du Défi 100 jours qui ont réfléchi à l’implémentation de la mixité au sein du Crédit Agricole Île-de-France, il était crucial d’impliquer les hommes dans le processus. La prise de mesure pour mettre en place la parité n’implique pas qu’elles à leur avis. «C’est pour cette raison que chacune des femmes qui était dans les différents groupes de travail sur la mixité a décidé de travailler en binôme avec un homme pour se pencher sur divers sujets liés à la parité», raconte celle qui est aujourd’hui à la tête d’un secteur qui regroupe treize agences et plus de 100 personnes sous sa responsabilité. Mais il reste du travail à faire: «En ce moment, il n’y a que 26 % de femmes cadres supérieures au CADIF», affirme Gaëlle Ropers Michelot.

Après la mise sur pied de ce projet, un comité paritaire de pilotage composé de quatre directeurs de caisses régionales CADIF a aussi pris forme pour valider et discuter des idées proposées. «Nous avons vraiment des échanges très intéressants pour confronter nos idées et les faire avancer», observe la directrice.

L’importance de la communauté

Gaëlle Ropers Michelot raconte que des mesures de mixité avaient déjà été élaborées au CADIF en 2015, mais qu’elles n’ont pas perduré. «Il n’y avait pas de communauté forte et pérenne autour de ces enjeux. Pour pallier ce manque, on a donc nommé des personnes ambassadrices dans chaque direction, responsables de faire vivre la mixité dans leurs secteurs respectifs, rapporter les constats au comité, participer à des événements et travailler sur différents mandats comme continuer d’envoyer plus de femmes aux programmes de L’effet A. Un programme de mentorat sera également mis en place.», confie Gaëlle Ropers Michelot.

La directrice de service régional n’a pas observé de résistance suite aux idées proposées pour instaurer la mixité au sein du Crédit Agricole Île-de-France.Au contraire, elle affirme qu’il s’agit d’un thème que l’entreprise aborde maintenant plus ouvertement. « Je crois que le fait que nous n’ayons pas présenté ça comme un projet de “Girl Power” a vraiment aidé», affirme-t-elle.

Parmi les constats, notamment faits par un sondage interne mené par une agence de consultation  auprès des femmes et des hommes du CADIF, démontre que le célèbre phénomène de l’échelon brisé — un manque de représentativité des femmes dans les échelons supérieurs —  au niveau des cadres supérieurs est bien présent dans l’entreprise. Pour résoudre le problème, les comités se pencheront donc prochainement sur la façon d’accompagner les femmes qui ont envie d’évoluer au sein de l’entreprise.

Le réseautage; une ressource précieuse de L’effet A

Les rencontres enrichissantes, la création d’un véritable réseau, les apprentissages suite à un échec ou comment mettre sur pied des mesures qui encouragent l’évolution des femmes en affaires; voilà quelques-unes des choses que Gaëlle Ropers Michelot retient de son programme. «Le réseautage, en France, est important parce que, quand on se lance dans un projet comme celui de la mixité au sein du CADIF, on a besoin d’avoir des relations, des connaissances que l’on peut activer à l’extérieur de notre entreprise», croit la directrice. «Le Défi 100 jours, pour moi, permet certainement de lever les freins sur le réseautage, et d’accélérer les projets que l’on a envie de faire, d’affirmer ses ambitions», ajoute-t-elle.

«Personnellement, je n’avais pas de difficulté à exprimer le fait que j’avais envie d’évoluer, mais j’avais toujours le doute que mes ambitions ne soient réalisables, en plus du fameux syndrome de l’imposteur. Mais avec le Défi 100 jours, on prend conscience qu’il faut être convaincue de nos désirs professionnels, de ne pas avoir peur de prendre des risques et de foncer», termine-t-elle.

auteure gabrielle brassard

Gabrielle Brassard Lecours

Autrice

Gabrielle Brassard-Lecours écrit pour divers médias québécois et enseigne le journalisme à l'université Concordia. Elle est aussi co-fondatrice et rédactrice en chef du média numérique Ricochet, et présidente de l'Association des journalistes indépendants du Québec.